Que faut-il prendre en compte au moment de choisir un logiciel BIM ?

Lorsqu’il s’agit de la mise en œuvre du BIM, le secteur du bâtiment doit faire face à un grand nombre de défis. Julien Brousse, chef de produit chez Trimble International, nous explique les raisons pour lesquelles il est préférable de développer une solution ciblée en collaboration avec le client dans le but d’assurer une mise en œuvre BIM réussie.

En tant qu’éditeurs de logiciels, nous traitons depuis des années déjà le sujet du BIM et du format IFC. Mais depuis quelques mois, nous avons également remarqué un intérêt croissant chez nos clients.
En effet, les clients se voient confrontés aux exigences du BIM pour la première fois, en particulier du côté des maîtres d’ouvrage. Dans ce domaine, il n’existe pour le moment aucune disposition précise ni contractuelle. Au contraire, on a bien souvent recours à la formulation très large « et nous utilisons le BIM pour ce projet ».

Le BIM suscite à la fois un intérêt croissant et une certaine incertitude. À quels outils logiciels le BIM peut-il être associé ? Quelles sont ses conséquences sur le flux de travail quotidien ?

Nous avons constaté un besoin de conseils et de dialogue croissant chez nos clients, en particulier ceux qui opèrent dans le secteur des techniques du bâtiment. Notre première tâche, en tant que consultants, est souvent d’expliquer que le BIM représente un processus de travail interactif. Le logiciel n’est qu’un outil.

Les particularités du secteur des techniques du bâtiment

À l’inverse de l’architecte, qui crée généralement ses propres modèles, le technicien du bâtiment travaille presque toujours sur les bases de modèles existants, justement développés par l’architecte. Son quotidien est particulièrement marqué par ce corps de métier étant donné que les architectes apportent très souvent des modifications à ses modèles. Et ces modifications peuvent avoir des conséquences très variées sur la planification. En effet, elles peuvent tout aussi bien concerner les butées de portes, l’agencement des pièces ou les gaines techniques. Le taux d’acceptation de ces modifications de la part du technicien du bâtiment varie donc fortement, tout comme l’intégration de ces modifications dans la planification en cours.

De plus, nous sommes aujourd’hui en mesure de définir trois types de travaux de planification (modifications comprises) réalisés par les architectes dans le secteur des techniques du bâtiment :

  • Les plans essentiels pour les techniques du bâtiment : aménagement des locaux, hauteurs, emplacement des cheminées et des centrales techniques, etc.
  • Les plans importants pour les calculs thermiques (charge de chauffage/charge de refroidissement) : aménagement des locaux, structures murales, spécifications techniques, etc.
  • Les plans importants pour la conception visuelle : dimensions, annotations, etc.

Première expérience de travail pratique avec des modèles BIM

Nos clients et nous-même avons d’abord pensé qu’il était préférable, voire nécessaire de toujours exiger un modèle complet (c’est-à-dire un bâtiment complet) à l’architecte, ainsi que de l’intégrer entièrement à la planification. Mais nous nous sommes très vite rendu compte que cela n’était pas vraiment efficace. En effet, au cours du processus de planification, l’architecte ne modifiait souvent qu’un seul étage et, lors du transfert d’un modèle, il s’est avéré que certains étages individuels, par exemple dans le cadre d’une révision plus large, n’étaient plus d’actualité. Dès lors, on a commencé à vouloir enregistrer les données par étage.

La question de la quantité de données des modèles a également fait surface dès les premiers projets. En règle générale, l’architecte mettait le même modèle à disposition de tous les collaborateurs du projet. De ce fait, le modèle comprenait toutes les informations disponibles. Par exemple, dans le cas d’une installation extérieure avec un grand nombre d’arbres et d’arbustes, une quantité conséquente de données est transférée. Et la performance du modèle dans le logiciel en subit bien sûr les conséquences. On a alors commencé à vouloir exclure directement les classes individuelles de l’import.

Une position particulière a été prise après examen du modèle thermique. En général, les planificateurs privilégient le calcul à partir du modèle CAO. Plancal nova peut utiliser différentes bases telles que les fichiers DWG/DXF et les modèles IFC et les améliorer en vue du calcul thermique. Là encore, il s’est très vite avéré dans la pratique que le transfert du nouveau modèle directement dans le modèle thermique conduisait à la perte de données et à des entrées répétées. Dans ce contexte, il est très vite devenu souhaitable de passer à un transfert sélectif en tant que modèle « intelligent » ou en tant que représentation 3D simplifiée.

Exigence relatives aux logiciels

À partir de ces premiers résultats, qui ont été obtenus en collaboration avec le client, le logiciel idéal a commencé à se dessiner.

  • Il devait être possible d’enregistrer le bâtiment complet en tant que modèle thermique.
  • Dans le cas contraire, il devait au moins être possible d’enregistrer le bâtiment en tant que représentation 3D. L’accent est mis sur la fidélité de la représentation 3D.
  • Il devait être possible d’enregistrer des étages individuels.
  • Il devait être possible de supprimer des éléments individuels lors de l’enregistrement d’un fichier IFC.

Mise oeuvre des exigences

À la suite de nombreuses réflexions, il a été décidé de mettre en œuvre ces exigences comme suit.

L’enregistrement du modèle thermique devra se faire à partir d’un fichier IFC directement via Plancal nova. Afin de maintenir un modèle de données cohérent, c’est le modèle complet qui sera chargé. Les paramètres techniques et les informations générales (par exemple, le numéro de la pièce) devront dans la mesure du possible être chargés dans le modèle thermique.

Un nouvel outil pourra également être déployé. Le convertisseur BIM de nova prend en charge le modèle en tant que représentation 3D.

Il est ainsi possible de déterminer directement lors de la lecture du fichier IFC si certains étages ou certaines classes IFC (par exemple, les installations extérieures) ne devraient pas être compris dans l’importation. Le processus d’importation se limite donc à la quantité de données souhaitée, ce qui implique un gain de temps important lors du transfert.

De la même manière, la structure des étages peut être manipulée dans les fichiers IFC pendant l’importation. Ceci est particulièrement nécessaire étant donné que certains architectes ajoutent des étages intermédiaires pour les poutres, les toitures ou encore les faux plafonds.

Pour une analyse précoce des différentes étapes de planification, le référencement et la coloration des différents modèles ont également été mis en œuvre.

Un développement complémentaire s’est présenté dans le cadre de la finalisation du projet. Pour une meilleure visualisation, le convertisseur BIM de nova établit une représentation simplifiée en 2D à partir du modèle 3D. Dans cette représentation 2D, les murs sont hachurés et les ouvertures de portes sont représentées. De cette façon, l’utilisateur peut obtenir un aperçu rapide de la disposition des pièces.

Le modèle 3D obtenu ainsi que les plans qui y sont associés sont ensuite mis à disposition sur Plancal nova en tant que bases pour la structure du bâtiment.

Conclusion

Au cours du processus de planification, et parallèlement au premier enregistrement du modèle, le technicien du bâtiment se doit de prêter attention à la livraison répétitive des différentes étapes de planification. Un flux de travail concret et un logiciel adapté constitueraient donc ici le meilleur support possible pour la CAO et la visualisation thermique.